Dourkalang / Résidence PAIR à Paris

La Transplanisphère accueille en résidence à Paris le projet Dourkalang (au milieu des gens), porté par Taigué Ahmed et Bruno Freyssinet, dans le cadre du programme PAIR – Institut français.

Cette résidence de création se déroulera du 1er juin au 11 juillet 2026 et marque une étape décisive dans le développement de cette future pièce chorégraphique et théâtrale, issue d’un travail d’écriture documentaire.

Un récit de vie au plateau

À partir du livre Ndam Se Na, Taigué Ahmed engage, avec Bruno Freyssinet, un processus d’adaptation scénique mêlant danse, voix et dramaturgie. Dourkalang — qui signifie « au milieu des gens » — puise dans l’histoire personnelle de l’artiste, marquée par une enfance au Tchad dans un contexte de guerre.

Sauvé enfant d’un massacre grâce à sa mère, qui le dissimule parmi ses sœurs, Taigué grandit dans un environnement où la violence est omniprésente. Il découvre la danse à l’adolescence, au sein du Ballet National du Tchad, avant d’entamer un parcours artistique entre l’Afrique et l’Europe.

La pièce transforme ces moments charnières en tableaux chorégraphiques, construisant un récit à la première personne où les danses tchadiennes dialoguent avec la danse contemporaine.

Une œuvre sur la mémoire et la transformation

Au-delà de l’histoire individuelle, Dourkalang interroge la capacité de transformation des expériences traumatiques par le corps et la création artistique. La scène devient un espace de mémoire vivante, où les récits intimes trouvent une portée universelle.

Le projet résonne particulièrement dans le contexte européen actuel, où de nombreuses trajectoires d’exil portent des vécus similaires. Il propose de penser la création comme un espace de réparation, de transmission et de lien.

Axes de recherche en résidence

Durant ces six semaines, le travail portera notamment sur :

  • La finalisation de la dramaturgie du récit

  • L’écriture des séquences chorégraphiques

  • L’hybridation entre danses tchadiennes et danse contemporaine

  • L’articulation entre voix enregistrée, parole directe et mouvement

  • La création d’un univers sonore mêlant musiques, chants et matières documentaires

  • La relation au spectateur et la mise en espace

Un dispositif scénique immersif

Le projet repose sur un dispositif minimaliste et immersif. Seul en scène, Taigué Ahmed évolue avec un micro, donnant une place centrale au corps et à la voix.

Des fragments de voix enregistrée — souvenirs, pensées, traces du passé — viennent dialoguer avec le présent du plateau. Le danseur interagit avec cette mémoire sonore, la prolonge, la détourne ou la confronte.

Au cœur du public, Bruno Freyssinet incarne un « passeur » : il orchestre en direct les sons, les voix et les musiques, construisant un paysage sonore évolutif. Sa présence, à la fois discrète et active, participe pleinement à la dramaturgie et crée un espace d’écoute partagé entre scène et salle.

Genèse et collaboration

La rencontre entre Taigué Ahmed (Cie Ndam Se Na, Tchad) et Bruno Freyssinet (Transplanisphère, France) a lieu en 2023, autour d’un intérêt commun pour les formes documentaires et les enjeux migratoires.

Le projet Dourkalang s’inscrit dans la continuité de leurs échanges artistiques et d’un travail amorcé à partir du livre Ndam Se Na, coécrit avec Mathieu Chouinard.

Une résidence soutenue par l’Institut Français

Pensée comme un temps de recherche et de visibilité, la résidence donnera lieu à plusieurs étapes de travail ouvertes aux professionnel·les. Une première restitution est prévue à mi-parcours, avant une phase finale consacrée à la réalisation d’une captation vidéo destinée à accompagner la diffusion future du spectacle.

Avec Dourkalang, la Transplanisphère poursuit son engagement en faveur de projets artistiques qui interrogent les récits contemporains, les circulations entre les territoires et les formes de création hybrides.

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