World Crisis Theatre

Projet : coopération européenne artistique et citoyenne entre Allemagne, France, Grèce, Islande, Italie Portugal et Suède sur le thème de la crise financière et ses conséquences en Europe

Site web : worldcrisistheatre.com

Durée : 2012-2014

Partenaires principaux :
La Transplanisphère (France, coordinateur)
Studio Ledra (Grèce)
Ex Quorum (Portugal)
Vera-Liv (Islande)
International Theatre (Italie)
Teatermaskinen (Suède)
Bildung & Integration (Allemagne)

Soutiens :
UE / Programme Culture volet 1.2.1 – projets de Coopération
Région Ile de France
Fondation Hippocrène
Mairie de Paris (Label Paris Europe)
Spedidam
OFAJ-DFJW
DG Artes

Partenaires FR :
Carreau du Temple (Paris)
Institut d’Etudes Politiques de Paris / section Culture – projets collectifs
Jeune Théâtre National (Paris)
Ensatt – Ecole Nationale des Arts et Techniques du Théâtre (Lyon)
ESAD (Ecole Spérieure d’Art Dramatique, Paris)
Fijad
Parlement Européen des Jeunes (Paris – Europe)

 

 

La crise financière de 2008 s’est transformée en crise économique, crise des états et crise de société. Les conséquences du crash étaient à l’œuvre en Europe et dans le monde sous des formes très variées, à la fois économiques, sociales et politiques.

Comment trouver un sens, comment s’approprier un sujet aussi vaste et insaisissable ? Pourquoi concevoir une démarche artistique et citoyenne permettant de réagir à ce monde qui nous inspire souvent des sentiments de peur, d’injustice ou de révolte ?

 

The European Crisis Games, conçu et mis en scène par Bruno Freyssinet, en tournée à Evora (Portugal)

 

World Crisis Theatre proposait d’associer des artistes, des jeunes et des représentants de la société civile originaires de 7 pays Européens : Allemagne, France, Grèce, Islande, Italie Portugal et Suède, tous concernés par la crise à des degrés élevés. Ce sont des structures de taille, de statut et de pratiques artistiques différentes qui se sont associées autour de ce projet

L’objectif était de mener une réflexion commune à travers d’une enquête et d’une expérience artistique. Parmi les résultats du projet : la création d’une pièce de théâtre sur les origines de la crise financière associée à l’écriture et la représentation d’une seconde pièce sur les conséquences de cette crise. D’autres pièces ont également été crées dans certains pays particpants (Italie, Portugal, Suède)

Le projet a débuter en 2011 puis a pris une dimension européenne de 2012 à 2014.

Au travers de cette expérience, des citoyens d’Europe se sont interrogés sur un phénomène qui a bouleverse leurs économies, leurs sociétés et leur perception du monde. Ensemble, il ont aboutir à la création d’une œuvre ouverte, positive et stimulante.

 

Génèse

En septembre 2009, nous souhaitions inscrire l’exploration de la crise financière dans les projets de la compagnie La Transplanisphère. Nous disposions à ce moment de l’exemple de la pièce The Power of Yes écrite par le dramaturge anglais David Hare, dont la compagnie avait monté Stuff Happens en 2008 aux Amandiers de Nanterre.

La démarche documentaire singulière adoptée par David Hare pour écrire sa pièce a inspiré le projet World Crisis Theatre mené ensuite par la Transplanisphère. Dès 2011, nous avons organisé une rencontre étudiante à Nanterre qui cherchait déjà à questionner la crise, associant 25 jeunes européens venus de la London School of Economics, La Freï Universtitat Berlin, Galatasaray Istanbul et Sciences Po Paris. Ce projet était associé à un travail d’atelier avec des jeunes lycéens et étudiants de Nanterre. Ces expériences avaient déjà abouti à des propositions théâtrales.

À la suite de cela nous avons lancé une initiative de coopération internationale qui a associe des équipes artistiques de 7 pays européens afin de questionner ensemble la crise. Nous avons alors élargi les pistes de travail afin d’aborder la crise de la dette, la crise sociale et la radicalisation des rapports entre européens consécutifs à cette crise (notamment Nord/Sud). Ce second projet était soutenu par le programme Culture de la Commission Européenne. Il s’est terminé en juin 2014.

Pour l’Ile de France, nous avons imaginé une proposition spécifique pour l’année 2014 qui a associé des partenaires et des participants régionaux. Avec différents public lycéens, étudiants et adultes, nous avons expérimenté la richesse de la création artistique confrontée à l’expression politique, avec en toile de fond la relation du projet avec l’Europe et le monde. Concrètement, World Crisis Theatre en Ile de France a permis une série de workshops avec les public et des représentations en Ile de France d’un spectacle The European Crisis Games ainsi que d’une installation La Crise au Ventre.

Le projet World Crisis Theatre

 

Le projet étudiant de préfiguration

avec le soutien de la Délégation Jeunesse 92 et du Programme européen Peja

 

World Crisis Theatre a proposé, en février 2011, la rencontre d’une semaine entre artistes professionnels et jeunes étudiants venant de 4 pays d’Europe (Allemagne, France, Grande Bretagne et Turquie). Leur ambition commune était la création d’une petite forme théâtrale sur la crise financière. Le projet s’est appuyé sur la pièce du dramaturge anglais David Hare The Power of Yes, une enquête documentaire au cœur de la crise financière telle qu’elle a été vécue en Grande Bretagne.

workshop et présentation à Nanterre-Amandiers, débat à l’Agora de Nanterre, présentation à Sciences Po Paris, fév. 2011

 

Le volet étudiant du projet a été conçu avec un groupe d’étudiants de Master de Sciences Po Paris dans le cadre du Projet Collectif World Crisis Theatre. Avec l’appui de la Transplanisphère, Ils ont obtenu une aide européenne jeunesse (PEJA) pour organiser avec la Transplanisphère une rencontre d’étudiants de 4 universités européennes de Berlin (Freie), Istanbul (Galatasaray), Londres (London School of Economics) et Paris (Sciences Po). La rencontre s’est déroulée en février 2011 à Nanterre et Paris.

Un volet lycéen a aussi été organisé par la Transplanisphère. Il a réuni un groupe de 15 lycéens volontaires issus de plusieurs établissements scolaires de l’Académie de Versailles. Ce projet était financé par Le Ministère Jeunesse et Solidarité au titre de l’appel à projet Culture 2010. Des temps communs ont permis le rencontre des lycéens et des étudiants.

 

Le premier projet de coopération internationale 2012-2013

Fort de l’expérience du premier projet World Crisis Theatre de 2011, le projet 2012-13 proposait cette fois d’associer des artistes professionnels, des jeunes et des représentants de la société civile originaires du Portugal, d’Italie, d’Islande, de Grèce, de Suède, de France et d’autres pays Européens invités. L’objectif global était de mener une enquête, provoquer une réflexion commune et initier propositions artistiques et documentaires sur le thème de la crise.

Cela s’est concrétisé notamment au travers de différents workshops et la création de plusieurs pièces de théâtre dont l’une rassemblait des artistes venant des différents pays partenaires. Au travers de cette expérience, des citoyens d’Europe se sont interrogés sur la crise, un phénomène qui bouleverse leurs économies, leurs sociétés et leur perception du monde, et ont pu donner naissance à des propositions à la fois artistiques et citoyennes.

Le calendrier d’action a permis d’atteindre ces objectifs et de leur donner la portée espérée, autant pour les participants amateurs que professionnels engagés dans le projet.

En effet, cette phase du projet a permis d’allier enquêtes et actions sur le terrain. Les pays partenaires ont pu constituer des équipes mêlant des participants amateurs ou professionnels, de différents âges et différents horizons (l’équipe portugaise regroupait par exemple un jeune performer, un jeune photographe, deux jeunes écrivains, autre exemple, l’équipe italienne réunissait des acteurs professionnels d’âges et d’univers artistiques très divers, associés à des jeunes, l’équipe suédoise était quant à elle essentiellement composée de jeunes étudiants originaires d’une région sinistrée…). À partir des enquêtes de terrain et/ou de travaux d’écriture, les différents partenaires ont développé un corpus commun de textes dans lequel ils ont ensuite puisé pour l’écriture et la création de formes théâtrales courtes. Ces pièces ont été appelées les “réponses” (Answers) en ce sens qu’elles prenaient le relais de la pièce anglaise (The Power of Yes) écrite en 2009 par le dramaturge David Hare sur la crise financière vécue en Grande Bretagne — source d’inspiration pour la démarche documentaire de World Crisis Theatre.

Cette première année a ainsi associé des recherches sur les terrains européens, rencontres, enquêtes locales et communication des résultats à distance, puis période de travail en Grèce.

> workshop Européen Sifnos Crisis sur l’Ile de Sifnos (Juillet 2013) avec 65 participants de 12 pays, organisé en coopération avec Mezzanines Spectacles et l’Université Panteion d’Athènes.

>  répétitions de The Power of Yes à Athènes (une semaine en août). Dans la salle de Versidepsio (lieu alternatif récemment ouvert dans une zone industrielle en friche). Elle a permis de confronter le texte original datant de 2009 focalisé sur la crise financière avec les différentes enquêtes réalisées durant le projet. Cette phase a abouti à la représentation d’une première maquette théâtrale ensuite représentée à Epidaure, dans le petit théâtre antique.

Un des premiers enseignements artistique de cette période a été de poser la question de l’adaptation du texte original. The Power of Yes a montré ses limites dans les débats entre artistes de l’équipe, en ce sens que son contenu ne permettait pas d’inclure la dimension européenne de façon satisfaisante. A l’issue de l’expérience, les artistes ont convenu de plancher sur une réécriture inspirée de The Power of Yes et dont le titre final sera The European Crisis Games.

> 3 jours de représentations dans le cadre du festival international d’Epidaure (fin août 2013). Le festival d’Epidaure a été l’occasion de représenter une première maquette The Power of Yes librement inspirée de de David Hare, rassemblant sur scène des artistes des différents pays participants, ainsi que les formes théâtrales créées localement : Cyclops’ survival, Panteion Drama Centre (Athènes, Grèce) /Esposti a tutto, The International Theatre (Rome, Italie) / A Reposta, ExQuorum (Evora, Grèce) / The Satyr play, Bildung und Integration (Berlin, Allemagne)

3 jours World Crisis Theatre, Festival International d’Epidaure, Grèce, Août 2013

L’Université Panteion d’Athènes avait obtenu du Ministère de la Culture et du Patrimoine la mise à disposition du lieu dans le cadre du traditionnel Festival International d’Epidaure. Pour l’ensemble des partenaires du projet, cet événement intégré dans le cadre de la rencontre de jeune à constitué un bonus aussi extraordinaire qu’inattendu, tant le festival d’Epidaure dispose d’une renommée internationale (comparable à Avignon ou Edimbourg). Ainsi, après des travaux menés dans leurs pays respectifs et deux semaines de travaux communs en Grèce, les participants ont eu la possibilité de montrer leurs propositions artistiques et citoyenne au public Grec, venu nombreux du voisinage comme d’Athènes (à 200 km d’Epidaure). Dans un contexte international de crise souvent clivant, c’était l’occasion de montrer une voie possible de coopération européenne par la création artistique. La presse et les médias grecs se sont déplacés pour assister aux différentes propositions et ont proposé une belle couverture à l’événement.

Les activités menées en Grèce à l’été 2013 ont constitué un moment clef pour les résultats du projet World Crisis Theatre. Les partenaires ont envoyé des équipes les représentant pour partager les expériences menées localement et présenter sur scène les résultats de leurs travaux. Ils ont mené ensemble des workshops avec la participation d’amateurs locaux et de jeunes étudiants. En Grèce, l’expérience est saluée en ce sens qu’elle rassemble sur scène des artistes et des citoyens Européens qui tentent ensemble une proposition artistique alors que depuis plusieurs mois dans les rues d’Athènes et dans les opinions publiques européennes les positions se radicalisaient et s’opposent.

 

Le parcours du projet

D’avril à octobre 2014, le projet a proposé un parcours à la fois citoyen et artistique, mais aussi une expérience géographique puisqu’il s’est déroulé dans de nombreux lieux d’Ile de France.

Il a été l’occasion de rencontres inédites entre lycéens et étudiants, amateurs adultes de tous âges, experts (enseignants, chercheurs) et artistes (théâtre et arts visuels). Les rencontres ont créé du commun, une meilleure empathie entre citoyens des différents groupes, des propositions artistiques (installations et théâtre) à destination du grand public et des publications web multimedia permettant d’élargir le public touché par le projet.

⇢ La première moitié du projet, d’avril à juin 2014, a questionné plus spécifiquement le débat européen sur la crise grâce à des workshops, des conférences et des présentations publiques associant des citoyens d’Ile de France et des artistes européens.

Ces activités ont notamment impliqué :

  • des lycéens de 4 établissements  : Joliot Curie, Nanterre (92) — Montesquieu, Herblay (95) — Turgot, Paris 3e — Parc de Vilgénis, Massy (91). Au total, 6 classes de seconde et deux classes de première participeront ( 245 élèves et 10 enseignants)
  • des étudiants de Sciences Po (Projet Collectif de Master) et de l’Université d’Orsay (master). (12 participants)
  • des citoyens amateurs franciliens de toute génération (30 participants)

 

Ces ateliers ont été animés conjointement par les artistes et les experts associés au projet

Ils se sont déroulés dans des lieux très divers de la région parisienne :

4 lycées, 2 universités, une école nationale, un lieu art et sciences (NeticLab Orsay), des lieux culturels (théâtre de Cormeille et d’Herblay, Carreau du Temple, Chapiteau de la Fontaine aux Images).

⇢ Un site dédié à World Crisis Theatre (worldcrisistheatre.com) a été mis en place et a servi d’outil de dissémination vers les publics. Les participants ont aussi utilisé leurs réseaux sociaux pour publier.

⇢ Cette première partie a connu un temps fort avec la rencontre de l’ensemble des participants lors des journées du Printemps de l’Economie à Paris (Lycée Turgot, Cnam, Min. des Finances). Des soirées spécifiques ont été organisées au Carreau du Temple (avant même l’inauguration) qui ont permis la restitution des travaux d’ateliers des lycéens, des étudiants et des citoyens amateurs participants, ainsi que la conférence des scientifiques participants. Une journée de rencontre, workshop et représentation publique a aussi eu lieu au Chapiteau de la Fontaine aux Images de Clichy sous Bois.

Elle a permis la rencontre d’amateur de Seine Saint Denis avec des étudiants de Sciences Po Paris, ainsi que des artistes européens associés au projet.

Chaque présentation a été réalisée dans le cadre d’une soirée où ont également été projetées des images du web documentaire réalisé tout au long du projet, suivie d’un débat associant le public ayant participé en amont. En amont ou en aval des présentations, rencontre de participants volontaires avec des classes de lycée déjà venues assister à une présentation.

⇢ Ensuite, une journée « bilan de mi parcours » s’est déroulée le 24 juin au Carreau du Temple, avec une nouvelle rencontre des publics. Elle a permis de poser des repères (quels participants, quels axes de travail ?) sur le workshop du mois de Juillet qui a ouvert la seconde partie du projet.

 

 

⇢ Ce workshop de Juillet “La Crise au Ventre” a associé des volontaires issus des différentes expériences de la première partie ainsi que des artistes et des experts. L’objectif était de poser les bases ensemble une installation visuelle et théâtrale sur la crise. (voir en annexe le récit de ce workshop par un étudiant de Sciences Po en stage à la Transplanisphère à ce moment).

⇢ L’installation « crise au ventre » a été conçue en septembre sur les bases des recherches du workshop proposé au public amateur du Carreau du Temple en Juillet. Ikse Maître et Bruno Freyssinet ont créé un dispositif mettant en jeu un avatar vidéo capable d’interagir, en miroir avec le public.

Face à deux écran plasma de taille humaine. Le spectateur de l’installation a pu découvrir de façon interactive son reflet intérieur dans le miroir-écran. Il a pu explorer ses différentes zones sensibles réagissant à la crise, comme le cerveau ou le système digestif (second cerveau). Il a aussi pu « traverser » son reflet et ainsi ressentir de façon imagée l’impact de la crise sur son corps.

L’installation a été présentée dans différents événements à Orsay (Université Paris Sud), au Proto 204, en septembre 2014, puis encore au Carreau du Temple dans le cadre de grande journée de rencontres entre les artistes en résidence et le grand public (We are le Carreau).

⇢ En Novembre, un projet collectif a été initié avec des étudiants de Sciences Po Master 1 (promotion 14-15) afin d’évaluer, avec le recul, l’ensemble de la démarche. Ils ont réfléchi a un nouveau projet permettant de transformer cette expérience en support pédagogiques vidéo susceptible d’être utilisés dans le futur par d’autres publics. Ce projet s’est nommé Polart Circle, il a effectivement débuté en 2016 avec l’aide du Programme Erasmus+ Partenariat Stratégique

 

 

> sur le project Wolrd Crisis Theatre La Transplanisphère a assuré la coordination artistique, l’administration et logistique européenne, la recherche de financement en France, co-organisation des périodes de représentation en France.